Partis de Port-de-Bouc sur le coup des 13 heures, nous poursuivrons notre route vers l'est. Nouveau slalom entre les mastodontes de plusieurs centaines de mètres (et ô combien de tonnes !), comme échoués à l'embouchure du port, immobiles et silencieux tels des navires fantômes figés dans la rouille et l'ennui. Rares sont les fois où l'on a aperçu une silhouette se déplaçant sur le pont de ces géants, mais lorsque ça a été le cas, on a souvent répondu à un bonjour de la main de la part de l'un des équipiers, sans doute rêveur devant notre toute petite embarcation alors que nous les dépassions patiemment. Le vent nous porte somme toute assez rapidement et nous atteignons les îles du Frioul, au large de Marseille, vers 17 heures trente. Nous repérons une petite anse, mouillage tranquille, et venons nous y poser, aux côtés d'une dizaine d'autres bateaux. Notre manoeuvre réussie, on s'offre un petit apéro au soleil couchant. Pris dans notre enthousiasme, on se lance même dans la cuisine d'excellentes "Melanzane a la parmigiana" gratinées au four.