Nous avons peu dit sur Graciosa. Première petite île au nord-est de l’archipel des Canaries, Graciosa étend sa surface aride au milieu d’eaux claires et de falaises brunes. La délicatesse suggérée par son nom délicieux n’est pourtant pas visible au premier abord. Il faut plisser les yeux sous la lumière blanche et se pencher pour, au milieu des dunes de sable blond et des buissons d’épineux, la retrouver dans la fragilité des minuscules plantes grasses qui vivent là, offrant timidement leur petites feuilles ourlées et velues et leurs fleurs blanches graciles au regard de celui qui sait observer. Graciosa n’est pas très vaste : on en fait le tour à vélo. Les roches du rivage ont cette couleur noire de la pierre volcanique et leur découpage est des plus intéressants. Il forme des petites cuvettes qui se remplissent quand la marée se retire. Le sable est fin et blanc. De la plage, on peut rejoindre le petit village de La Sociedad à pied. Toutes les maisons sont basses, carrées, et recouvertes de chaux blanche. Les volets sont du même bleu vif que celui des constructions grecques ou tunisiennes. Dans le village, un modeste port où, on l’a entendu dire, les services (eau, électricité) sont très limités et que pour cette raison les bateaux de voyage se trouvent tout aussi bien au mouillage. Il y a quelques restaurants, mais la plupart sont fermés pour vacances. Les habitants sont souriants, avec les pommettes hautes et le teint halé de leurs cousins des Andes. Les vieux portent de drôles de chapeaux ronds en paille, qui rappellent le traditionnel couvre-chef rouge péruvien. Quand le soir tombe, on regagne la plage par un chemin de sable. A Graciosa, il n’y a pas de routes goudronnées. En chemin, on croise des surfeurs avec leur planche sous le bras.
Aujourd’hui, nous sommes montés en haut de l’un des deux volcans de l’île. Une petite marche d’une heure nous a portés sur le somment volcanique rouge et pelé qui culmine à 171 mètres ( !). A peine le temps de sortir nos sandwiches que le brouillard envahissait tout, pour être suivi d’un grain agréable, puisque même sans soleil la température avoisine les 25 degrés. Il n’empêche, c’est la première petite randonnée que l’on s’offre après deux mois et demi de voyage !
Je terminerai juste par l’innovation du jour : la fixation d’un minuscule barbecue sur le balcon arrière. Le barbecue en question a été acheté une misère dans une brocante, c’est un barbecue de voyage dont le diamètre permet tout juste de faire griller 4 sardines, ce qui pour deux est parfaitement satisfaisant. Quel plaisir ça va être de rôtir à domicile les poissons tirés de notre pêche !