Après avoir quitté Almerimar, nous avons commencé à goûter les joies de la mer difficile et capricieuse à l'approche du détroit de Gibraltar. Si au moment où nous sommes partis le matin, on avait mer d'huile et presque pétole de vent, dès la fin de la matinée, tout s'était déjà compliqué. Nous avons lutté plusieurs heures (on était quand même partis à 8 heures du mat' pour bien faire) avec le vent dans le nez, ce fameux "Ponente", vent du couchant, vent d'Ouest, qui, couplé à une mer brassée par les courants issus et de la marée et les croisements des eaux du détroit, où se formaient des creux de plus de 3 mètres (mais surtout peu espacés, ce qui faisait taper le bateau sur les crêtes et retomber lourdement, avec d'autant plus de difficultés à lui faire reprendre de la vitesse...), c'était pas évident-évident. C'était même carrément l'horreur, puisque celui qui était à la barre dans ces conditions se prenait une gracieuse arrosée en pleine poire toutes les dix secondes, grâce à de joyeuses et violentes déferlantes qui passaient au-delà de l'étrave. Heureusement, on s'est relayés. Mais les cirés ont à peine suffit à nous garder au sec : on était littéralement couverts de sel.

Sur le coup des 15 heures, le bateau avançait contre le vent à une vitesse proche des 0,5 noeuds, et nous, en plus d'être rincés, on commençait sérieusement à être exténués. Et puis le vent ne molissait pas, au contraire. Nous avons donc décidé de nous rabattre sur le premier port venu, celui de Jose Banus, proche de Marbella, sorte de petit Saint-Tropez de la côte sud, hypra chic et branché, mais au moins permettant d'offrir une halte sûre.

Aujourd'hui nous repartons sur le coup des midi, direction Gibraltar (cette "merveilleuse" enclave Britannique au milieu de l'Espagne ! Faut oser quand même !), où nous avons prévu de rester au mouillage pour tenter la traversée le lendemain, puisque les conditions météo seront ô combien plus favorables ! Le Ponente est enfin inversé, remplacé par un bon vent d'Est, un beau Levante, ou encore, comme d'autres l'appellent vers le Péloponèse, un joli "Grégal". C'est un signe, et il ne faut pas le rater !




NB : Hier soir nous avons pêché un poisson qui n'était pas une daurade coryphène ! (pour changer). Nous pensons qu'il s'agit d'une petite bonite ? Avis aux experts !!


NB2 : Kim et Nico, grâce à la canne, c'est un bon petit poisson frais presque tous les jours depuis une semaine ! Trop top !