5,2 mètres. C'est un chiffre qui peut paraître bien anodin mais qui nous a fait bondir de joie, hier. 5,2 mètres, c'est ce qu'a bien voulu afficher notre sondeur, après que Tom l'ait intégralement démonté, rincé et désoxydé, puis posé au soleil pour qu'il sèche. Et là, miracle, le bougre a bien voulu reprendre du service ! C'est un premier soulagement qui, la chance appelle la chance, a été suivi par une autre réussite : aujourd'hui, Tom a récupéré la pièce inox de maintien de la barre qui a été intégralement ressoudée par le chantier de Prickly Bay, tenu par un Français, qui s'avère être très sérieux avec des techniciens compétents. Et le tout pour 45 euros ! Que demander de plus !


Pendant que Tom s'occupait de remonter la barre, je suis partie à la ville de Saint George, toute proche, pour tenter de trouver un détendeur Campingaz de rechange. Bon, je savais que la tâche serait hardue, mais j'avais quand même de l'espoir. Le parcours commence par un petit bout de chemin en annexe, le temps de rejoindre l'autre côté de la baie où se trouvent le chantier et le shipchandler. Là, le jeune conseiller du ship a essayé de me proposer tout un système pour essayer de faire marcher un adaptateur de gaz américain sur notre installation mais cela a un prix exhorbitant : hé oui, ici, il n'y a rien de Campingaz Butane, seulement des bouteilles propanes made in USA ! A bon entendeur... Prenez tout ce que vous pouvez en pièces de rechange pour votre installation de gaz / cuisinière, au risque de vous retrouver à manger des sandwiches jusqu'à atteindre la Martinique ! En désespoir de cause, il m'a indiqué le shipchandler de Saint George, à quelques kilomètres de là.

Donc, je poursuis mon chemin par l'attrapage au vol d'un bus en direction de la ville. En fait, ce n'est guère difficile : les bus ici sont des mini-bus (type Matatu africain mais en bien meilleur état) qui klaxonnent à tous les coins de rue pour rameuter les clients : on ne peut pas les rater ! Donc par exemple, un type marche dans la rue et le bus le klaxonne ! Une dame est sur le palier de sa maison : le bus la klaxonne ! Et j'ai même vu : des enfants en uniforme d'écoliers sortent de l'école : le bus les klaxonne ! Véridique ! Le prix est modique : 2,5 dollars EC par course (0,7 euros) ou 5 euros depuis Prickly Bay jusqu'au centre ville de Saint George. Par contre, le chauffeur est à tout les coups un sympathique rasta qui a décoré son bus avec de la vieille tapisserie à l'anglaise à grosses fleurs (sans doute pour faire chic), et, pour l'égayer, a collé par dessus tout un fatras de cartes postales. Enfin, le reggae qu'il vous passe est tellement fort qu'il faut hurler pour lui faire entendre l'endroit où vous voulez descendre, ou, mieux, mobiliser les passagers devant vous pour créer une chaîne humaine qui portera le message jusqu'aux oreilles du conducteur mélomane.

Le shipchandler de Saint George se trouve sur le "lagoon", une jolie petite lagune entourée de maisons proprettes et de restaurants, où se trouve le port. Plus loin, la ville de Saint George. Malheureusement, le patron, un vieil anglais à lunettes, a été catégorique : impossible de trouver le moindre accessoire ou la moindre bouteille Campingaz avant la Martinique ! Bon, j'étais bredouille, et ce piètre résultat risque fort bien de nous conduire tout droit à 2 mois non-stop de sandwiches et de café lyophilisé froid, le rêve ! Avant de rentrer au bateau, j'ai quand même essayé de trouver des choses utiles, histoire de ne pas arriver les mains vides, comme un câble réseau croisé (on en cherche depuis des lustres !) pour récupérer les données de l'ordi HS de Tom, et un pot de Nutella, denrée ultra rare ici qui d'ailleurs a ravi le Tom. Ce soir, on s'est dit qu'on allait essayer de commander un détendeur en France et de se le faire livrer, on ne sait jamais...