Nos zigzags de près nous ont bien amenés sains et saufs dans la tranquille petite baie de St David's Harbour. Sains et saufs, sauf que nous avons déchiré notre 2e grand voile en trois endroits, mais sur une dizaine de centimètres à chaque fois seulement. En fait de port, St David's est un petit chantier où il est possible de sortir son bateau pour travaux (carénage, notamment). Justifier

L'endroit est ceint dans un écrin de verdure et de palmiers, sous fond de montagnes en arrière-plan, ce qui lui donne un irrésistible côté sauvage. Pas de maisons ni de routes à proximité, si ce n'est un petit complexe hôtelier composé de petites maisons en bois colorées qui se fondent dans le paysage. Le soir, rien ne vient troubler le chant des grillons. A St David's, il est même possible de faire ses formalités car des bureaux de customs sont présents. Il y a tous les corps de métier représentés au chantier (gréement, travail des métaux, voilerie), mais ce qui fait défaut, c'est un bon shipchanler digne de ce nom (il y a bien une minuscule succursale de Inland Waterworld, le ship présent à St Georges, mais il n'ont que le strict minimum).

Nous sommes d'abord allés voir l'atelier de voilerie pour savoir s'il était possible de réparer notre grand voile. Malheureusement, le patron nous a indiqué, avec le sourire (car ici tous les gens sont plus sympathiques qu'à Prickly Bay), qu'ils avaient plus de 3 semaines d'attente. Un peu dépités, on est repartis et, alors qu'on était en train de boire un coca au "Barking Barracuda", le troquet local, l'un des employés du voilier nous a rejoint. Il nous a expliqué qu'il lui était possible de réparer notre voile chez lui, car il a tout le matériel, et ce à condition de ne rien dire à son patron. Super aubaine, et le jeune avait l'air très sérieux. On lui a donc donné les deux grand voiles, tant qu'à y être, pour qu'il jette un oeil sur notre principale qui est bien fatiguée. En deux jours, il nous a fait un vrai travail d'orfèvre, rapiéçant là où c'était nécessaire, renforçant les coutures sur les bords et reposant des oeillets là où ils menaçaient de s'en aller, et le tout, pour moins de 100 euros. On est ravis, et on a à présent deux voiles qui tiennent la route.

Le lendemain, on est allés se promener dans la baie voisine, réputée pour sa beauté. Elle s'appelle "La Sagesse" bay. C'est une anse bordée de palmiers, avec un hôtel de luxe niché dans les arbres tout au fond. On s'est régalés sur la jolie plage.

Voilà, nos voiles réparées, on va pouvoir enfin décoler de Grenade. Toujours pas de nouvelles de notre colis, mais on est impatients de tracer la route. Notre prochaine étape c'est l'îlot de Carriacou, qui fait toujours partie de Grenade mais qui se trouve plus de 35 milles au nord. Une bonne journée de près nous attend demain, et pour être sûrs d'arriver avant la nuit, on va partir très tôt. On espère ne pas mettre plus de 10 heures !