Après 12 jours d'immersion au coeur du GAT, Fanny témoigne...

10 jours plus tard, de retour en « métropole ».

Le rythme caribéen a eu raison de moi, les journées sont passées et je n’ai pas trouvé une minute pour assumer mon rôle de journaliste invitée…

Il faut savoir que proportionnellement au rythme de vie décris plus haut, tenir le blog « GAT » représente à peu près un travail à plein temps : écriture des textes, choix des photos, retouches – non pas les contours des silhouettes – inutile bien sûr- mais les couleurs, contrastes et autres critères que j’ignore et qui font toute la différence entre mes photos et les leurs…, puis capter une onde wifi, la pirater (il doit y avoir un autre terme plus calé pour ça mais je l’ignore), et enfin mettre en ligne textes, photos, et vidéo (parfois plus d’une heure pour 1’30 d’image…)

Le Gregal est si petit… Dans la famille nous avons toujours gardé une pointe d’orgueil, en Corse navigant sur le Tom Tom, a avoir toujours le plus petit bateau au port comme au mouillage. Traverser en Corse avec un bateau de moins de huit mètres était rare… Aujourd’hui la tradition perdure, être dans la mer des Caraïbes (et venant de l’autre côté de l’Atlantique) avec un bateau de moins de dix mètres est tout aussi rare !
Le seul avantage, une fois la fierté mise dans sa poche, est qu’on est moins sollicité par les « boat boys » qui assaillent les gros catamarans de location… Pour naviguer la taille du bateau est super, mais pour y vivre jour et nuit pendant un an, c’est plus « contraignant ». Chapeau à Aude qui continue à trouver l’énergie de cuisiner, y compris en navigation ! En équilibre les jambes bien écartées pour amortir roulis et tangage, mixeur d’un côté, cocotte minute de l’autre !

Les grains, ça mouille. Vraiment beaucoup. Et puis ça souffle en plus ! Mais l’équipage est parfaitement aguerri, s’en réjouit même – ça dessalera enfin Grégal - et se permet d’observer, goguenard, les énormes catamarans de location tout abattre et essayer de se tirer de là au moteur. Mais quand on voit un grain, c’est trop tard. Tom le sait, il est forcément pour nous, même s’il semble partir de l’autre côté !

L’espace contraint les gestes. Après quelques jours on a besoin de marcher, s’étirer, écarter les bras….Finalement en bateau on est toujours actif (au moins pour compenser le roulis) mais en même temps toujours contraints dans nos mouvements du fait du peu d’espace. Peu d’effort donc (à part pour le capitaine qui hisse, borde et winche à tour de bras bien sûr…). Heureusement, en mal d’effort, on peut toujours se faire une petite vaisselle : en pompant alternativement eau de mer et eau douce, on se muscle mollets, cuisses et fessiers. Pour peu qu’on rentre le ventre on fait aussi un peu d’abdos ! que demander de plus ?

Toute ressemblance entre Cap’tain et Matelot et les personnages réels de cette aventure ne peut être que fortuite. En effet, je n’ai vu qu’amour, rigolade, partage, harmonie et respect mutuel !

Le GAT est aussi important pour les lecteurs que pour leurs créateurs. Sachez qu’à chaque arrivée dans un nouveau mouillage, après avoir vérifié et revérifié que l’ancre a bien accroché la deuxième chose dont Tom et Aude se préoccupent est de savoir s’il y a une onde wifi qui traîne par là… Si oui alors c’est lancé : opération captage (dedans, dehors, avec rallonge et antenne ou juste la carte wifi du nouveau micro-ordinateur (vraiment micro)) – encodage et décodage et re-encodage pour se connecter, et enfin : lire vos commentaires ! Et oui, ce avant même d’être parti à la quête d’une bière fraîche !

A bon entendeur !