La météo prise à Sao Miguel nous a confirmé il y a deux jours que si nous partions, nous allions suivre le bord de la dépression qui balaye les Açores d'Ouest en Est du 26 au 27 ce qui serait revenu à naviguer pendant au moins 3 jours au près/travers par 30-35 nœuds de vent. Autant dire, très désagréable et risqué. Donc, nous sommes descendus tranquillement à 54 milles au Sud, sur l'île de Santa Maria, petit bout de terre le plus à l'Est de l'Archipel des Açores.




Santa Maria, malgré sa toute nouvelle petite marina et ses tout nouveaux aménagements pour accueillir les ferries inter-îles (la rade n'est même pas encore terminée), fait encore figure d'enclave préservée de la plaisance de masse qui envahit Horta (mais, soyons honnêtes, qui la rend bouillonnante de vie et qui fait aussi son charme). Du port, on monte au village perché par un petit chemin de pierres. Le village est pavé de ces petits pavés carrés noirs et blancs, traditionnels des Açores, et qui prennent la forme, sur les trottoirs, soit de navires, soit de poissons, soit de coquillages...










Les petites maisons sont blanchies à la chaux, avec les encadrements de fenêtres noirs. Il y a de très jolies petites églises qui rappellent vaguement la Grèce. Tout autour, les collines pelées rappellent Lanzarote (Canaries), avec des vaches toujours, qui paissent tranquillement. Plus loin, sur les hauteurs, on retrouve les vertes forêts de conifères et les pâturages d'altitudes, sur les pentes du volcan, qui font écho à ceux des Alpes. Les açoriens-portugais sont toujours aussi accueillants. On mange dans des petits troquets des soupes de poisson maison et des plats du jour pour moins de 6 euros par personne tout compris. Ici, le café coûte 0,50 euros. Comme s'ils étaient les seuls en UE à ne pas avoir connu l'inflation due à l'euro ! Du coup, la vie reste très bon marché, bien meilleur marché qu'aux Antilles ou même qu'en Espagne, même si on est sur des îles à 1000 milles du continent.

Quand nous sommes arrivés, nous avons été accueillis dare-dare par un couple de Français retraités de Saint-Malo, Chantal et Didier, en vacances aux Açores pour quelques mois, et par Marc, un jeune navigateur en solitaire de 20 ans qui fait un demi-tour de l'Atlantique via Madère et les Açores avant de retourner en Bretagne Nord. On a été invités au barbecue qu'ils étaient justement en train de préparer ce soir-là. Ils ont tout partagé en 5 au lieu de 3. C'était impromptu et très chaleureux. Nous profitons de l'escale pour dormir, toujours, nous promener, et nous abriter dans le bateau quand la pluie de la dépression qui nous est passée sur la tête a tout détrempé hier. Mais le port est bien abrité, nous n'avons même pas senti les 30 noeuds de vent qui sévissaient à l'extérieur.

Nous pensons pouvoir prendre la mer après-demain (le 28/06). Il va falloir reprendre scrupuleusement la météo car les dépressions semblent s'enchaîner et on essaye de trouver le bon créneau pour passer au travers sans trop se faire chahuter. Le temps commence à se faire court pour la remontée de la Méditerranée mais nous sommes encore à peu près dans les temps. Et puis, comme le dit Tom, "ça prolonge un peu les vacances...".